Que reste-t-il du rite de passage dans la vie adulte que pouvait être le certificat de fin de scolarité obligatoire ? Et surtout, où sont passés les notions d'effort et de mérite ? Dans quel monde une partie de nos adolescents croient-ils vivre ?
Dans le monde des Bisounours, tout est rose et doux, il n'y a ni dure confrontation, ni échec retentissant, ni frustration insupportable, tout finit bien, et la satisfaction des besoins est quasi-immédiate.
Non, le monde réel n'est pas le monde merveilleux des Bisounours. Il faut arrêter d'empêcher les jeunes décris dans mon introduction de se confronter à la frustration et à l'échec. Bien sûr, il ne faut pas les couler non plus ; cependant, je pense que le fait de se retrouver face aux conséquences de son inactivité ou de son insouciance à 15 ans a des conséquences moins fâcheuses et plus vite remédiables qu'y être confronté plus tard.
La réussite scolaire est une des clés qui ouvre un avenir professionnel, mais ce n'est pas la seule, heureusement. L'école dans laquelle j'enseigne essaie cependant de favoriser une attitude pro-active dans le cadre de la recherche d'un métier avec des conditions idéales : du temps, des stages, un encadrement pluridisciplinaire, et des interactions avec le monde professionnel. Difficile de retrouver toutes ces possibilités réunies une fois sorti du cocon scolaire sauf dans les structures spécialisées (année supplémentaire de transition, pré-apprentissage, ...)
J'ose espérer que ces adolescents sauront mettre pleinement à profit les ressources qui peuvent leur être proposées, et qu'à l'avenir leur attitude face au travail évolue et que leur capacité à atteindre un but professionnel s'en trouve renforcée. La confrontation à l'échec est donc une chance à ne pas rater.
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