Le concept Police-Population, c'est en résumé ouvrir l'oeil, mais surtout oser avertir la police rapidement si on est témoin d'un délit ou d'un comportement suspect. Détails.
Au vu du public présent dans la salle, ma première impression a été de me dire que j'étais à une AVS-party : la moyenne d'âge devait atteindre les 65 ans, et encore parce que j'étais là... Ce genre d'action basé sur le bénévolat et le volontarisme rencontre le même problème de relève que les sociétés locales : les "jeunes" (= moins de 50 ans) s'investissent de moins en moins pour toutes sortes de raisons valables ou non.
Les deux orateurs de la soirée étaient M. Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud, et M. Jacques Antenen, commandant de la police cantonale. Ils ont chacun présenté clairement leurs missions respectives et explicité le fonctionnement du système judiciaire de notre canton. Ils ont ensuite répondu aux interventions et remarques du public de manière claire, nette, et précise. Plusieurs personnes sont revenues sur des affaires récentes qui avaient fait la une des médias, et ont obtenu les éclaircissements demandés. A la lumière de ces échanges, j'en retire ce qui suit :
- l'augmentation des actes de vandalisme pourrit la vie de toute communauté, dans les villes comme dans les villages
- si les médias ne montaient pas en épingle certaines affaires sensibles, la police pourrait plus facilement faire son travail
- le choix d'une intervention ou non de la police dans certaines situations est le résultat d'une délicate pesée d'intérêts entre les bénéfices et les inconvénients prévisibles de ladite intervention
- tout ce qui représente l'autorité devient une cible, ce qui ne facilite pas le travail sur le terrain
- si nos politiciens, qui ne sont pas sur le terrain, avait voté un code de procédure pénale plus intelligent, les jours-amendes ne feraient pas doucement rigoler les délinquants, et des peines mieux adaptée à certains délits pourraient être prononcées (c'est en train de changer, ouf !)
- la police est en sous-effectif par rapport aux missions qu'on lui demande de remplir, et par rapport au nombre de policiers minimal nécessaire pour être efficace à chaque intervention
- non, Schengen n'a pas fait massivement augmenter la criminalité étrangère ; le bilan des accords est même plutôt positif pour la police puisqu'ils ont permis la mise en commun des informations au niveau européen
- la surpopulation carcérale est un problème qu'il est urgent de régler, soit en accélérant les procédures, soit en construisant d'autres centres de détention
- le concept Police-Population participe à l'efficacité de la police
Pour finir sur une touche conviviale, un apéro-buffet était ensuite offert à l'assemblée. Certaines discussions se sont ainsi poursuivies en comité plus restreint, et cela m'a permis de faire connaissance avec le policier en charge de mon secteur.

Hello,
RépondreSupprimerSi je partage tes regrets de la désaffection des "jeunes" pour l'associatif et la chose publique, je me permets de partager quelques raisons pour lesquelles je ne serai jamais volontaire si ce concept devait passer dans mon quartier (il existe dans ma commune, mais pas près de chez moi).
- A 45 ans, je travaille la journée. Et il m'arrive de ne pas rentrer chez moi. S'il se passe quelque chose en mon absence, pourrait-on me le reprocher ?
- Je n'ai peut-être pas la même conception d'un "comportement normal" que mes voisins. Il y a peu, j'ai engueulé sévèrement des gosses (probablement des gitans)qui piquaient des fleurs dans les plate-bandes et faisaient des bouquets pour les vendre dans mon immeuble (ils ont compris... j'ai entendu les réactions peu après). Je n'accepterai jamais d'appeler les flics pour ça. Comme je ne le ferai pas non plus juste parce qu'il y a un black qui attend devant la porte. L'espace public est à tout le monde.
- Si je vois quelqu'un piquer un paquet déposé par la poste à côté de la maison d'en face, ou qui s'intéresse d'un peu trop près à une fenêtre ouverte, j'ai pas besoin d'adhérer à un concept pour pousser une gueulante ou prendre mon téléphone. Mes voisins savent qu'on peut compter sur moi en cas de besoin (j'ai dû malheureusement jusqu'à aujourd'hui plus souvent appeler l'ambulance que la police).
- Pour avoir assisté récemment à une quasi "affaire d'état" dans un tout petit village parce qu'il y avait "quelqu'un d'inconnu et de basané devant l'école" (avec une petite fille d'environ 3 ans, un peu jeune pour aller jouer les cambrioleuse), j'ai un peu peur des proportions que ce concept pourrait prendre.
Mais bon, si cela amène certains à avoir un comportement citoyen que je qualifie de normal...
Tu n'es pas vigile à demeure ou responsable de quoi que ce soit ; tu es chez toi, tu vois un truc bizarre (pas les exemples que tu donnes, sur lesquels je suis d'accord avec toi, une gueulante ou un peu de bon sens suffit), mais du genre tentative de cambriolage ou voiture inconnue qui patrouille visiblement pour faire du repérage pendant plusieurs jours, tu appelles. Tu n'es pas là, et bien tu n'es pas là. Point. Le concept, c'est plutôt de confirmer le bien-fondé d'appeler la police si qqch se passe chez nos voisins au lieu de fermer les yeux parce que "ça nous regarde pas, c'est pas chez nous".
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