Je l'ai déjà dit dans mon article prédécent sur la migration, un interprète interculturel est indispensable pour ces entretiens dont on ne connaît ni la langue, ni la culture. Certaines cultures scolaires sont tellement éloignées de la nôtre que tout est là pour qu'un dialogue de sourds (au mieux) ou un conflit (au pire) s'installe entre les interlocuteurs.
Petit florilège comparatif non exhaustif entre culture helvético-vaudoise <=> certaines autres cultures :
- l'enseignant est reconnu en tant qu'interlocuteur "valable" de par sa fonction <=> la reconnaissance des compétences de l'enseignant est liée à son âge, son genre (le plus souvent masculin) et son rôle social
- l'école seconde les parents dans leur tâche éducative et assure en collaboration avec eux l'instruction des enfants (art. 3 de la Loi Scolaire actuelle et art.5 de la nouvelle Loi sur l'Enseignement Obligatoire qui entrera en vigueur à l'été 2013) <=> les parents confient leur enfant à l'institution scolaire et lui délèguent toute autorité pour éduquer et instruire leur enfant. En cas de problème de comportement par exemple, il y a plusieurs cas de figure :
- les parents pensent que le maître est un incompétent
- les parents ont honte du comportement de leur enfant, mais estiment que ce serait un manque de respect envers l'enseignant que de se mêler de son éducation
- les parents se voient comme de "mauvais parents" : c'est de leur faute si leur enfant a un comportement inadéquat, ce sont donc eux qui parfois accompliront ses sanctions, et écriront des mots d'excuses pour l'attitude incorrecte de leur rejeton
- l'autonomie des enfants est encouragée le plus tôt possible (mettre ses pantoufles ou se changer tout seul) <=> les enfants sont considérés et traités comme des bébés jusqu'à 5-6 ans : ils sont habillés par les parents, les frères et soeurs plus grands s'occupent des plus petits, on fait les choses à leur place
- autour des enseignants gravitent plusieurs spécialistes : le logopédiste (troubles du langage oral et écrit), le psychomotricien (troubles de la grande motricité, de la motricité fine, difficulté à se situer dans l'espace physique ou social), le psychologue (mal-être, difficultés marquées d'apprentissage, troubles du comportement), et l'infirmière scolaire (bobologie, accompagnement d'urgences, dépistages divers, et vaccins) <=> le docteur ou l'infirmière qui vaccine est connu, pour le reste, ce genre de soutien n'existe pas. Ou alors l'enfant est "fou" ou handicapé grave.
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